Un plateau fourrager se choisit autant par sa charge utile que par sa longueur. Pour transporter des balles de paille, du foin ou de l’enrubannage, le bon modèle doit aussi convenir au tracteur, aux accès des bâtiments et aux trajets routiers. Avant de comparer les prix, confrontez chaque offre à votre chargement réel : c’est ce qui évite d’acheter trop grand, trop lourd ou insuffisamment équipé.
Sommaire
Partir du fourrage à transporter, pas du catalogue
Le plateau fourrager est un équipement de transport agricole à plancher ouvert, généralement attelé à un tracteur. Contrairement à une remorque à benne, il facilite le chargement latéral des balles avec un chargeur ou un télescopique. L’appellation « plateau à paille » désigne souvent un matériel similaire : les capacités et les équipements comptent davantage que le nom commercial.
Il sert principalement au transport de balles rondes ou rectangulaires entre les champs, le stockage et les bâtiments d’élevage. L’herbe et l’ensilage peuvent être transportés sous forme de balles enrubannées ; un plateau ouvert ne remplace pas une benne pour le fourrage en vrac. Des palox ou d’autres charges agricoles sont envisageables si le plancher, les butées et l’arrimage sont adaptés.
Pour un élevage avec des parcelles proches, la facilité de chargement et les manœuvres peuvent primer sur la capacité maximale. Pour une ETA ou une CUMA, les distances, la diversité des tracteurs et l’intensité d’utilisation rendent la polyvalence, le freinage et l’entretien particulièrement importants.
- Relevez le format et le poids des balles réellement produites.
- Mesurez les passages étroits, les entrées de hangar et les zones de demi-tour.
- Distinguez les déplacements au champ des parcours réguliers sur route.
- Vérifiez la portée et la hauteur de levage du matériel de chargement.
Calculer la capacité : dimensions, poids et nombre de balles
Les longueurs de plancher observées vont de 6 à 12 mètres. Une grande longueur augmente la surface disponible, mais ne garantit ni une charge utile supérieure ni un chargement exploitable dans toutes les conditions.

Ne pas confondre charge utile et PTAC
Le PTAC est le poids total autorisé en charge : il comprend le plateau et son chargement. La charge utile correspond à la masse transportable, sous réserve des autres limites techniques et réglementaires. À équipement identique, elle se déduit du PTAC en retirant le poids à vide. Les accessoires montés sur le plateau peuvent réduire la capacité restante.
Cette distinction est essentielle pour comparer les gammes. CMS annonce des PTAC de 7,8 t à 26 t, tandis que Promodis présente notamment les charges utiles suivantes, selon les modèles :
| Gamme Promodis | Longueur de plancher | Charge utile annoncée jusqu’à |
|---|---|---|
| KMS | 6 à 8 m | 9,8 t |
| KMR | 7 à 10 m | 19 t |
| KTS | 8 ou 10 m | 12,7 t |
| KTR | 10 ou 12 m | 20,4 t |
Ces maxima ne s’appliquent pas nécessairement à chaque longueur. Demandez la fiche du modèle exact, avec son poids à vide et ses équipements.
Confronter le plan de chargement à la limite de poids
Pour estimer le nombre de balles, dessinez leur implantation à partir des dimensions utiles du plancher, puis multipliez le nombre envisagé par leur poids. À titre d’exemple, 20 balles de 350 kg représentent 7 tonnes de chargement. Ce calcul illustratif ne valide pas l’empilage : stabilité, hauteur, répartition des masses et arrimage doivent aussi être vérifiés.
La capacité retenue est la plus faible entre la place disponible et la masse admissible. Avec l’enrubannage, mieux vaut peser quelques balles représentatives que reprendre le poids habituel des balles de paille.
Choisir l’architecture selon le tracteur et les accès
Les termes porté, semi-porté et traîné décrivent la manière dont l’équipement transmet son poids au tracteur et au sol. Les désignations commerciales pouvant varier, faites préciser le montage et les charges sur l’attelage.
| Architecture | Principe | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Portée | Charge supportée par le relevage du tracteur | Capacité du relevage et équilibre du tracteur |
| Semi-portée | Poids réparti entre attelage et train roulant | Charge verticale admissible sur l’attelage |
| Traînée | Poids principalement supporté par les trains roulants | Comportement en virage et en marche arrière |
Le report de charge d’un semi-porté peut favoriser la motricité, sans dispenser de vérifier les limites du tracteur. Sur une version traînée avec avant-train directeur, examinez l’articulation et, lorsqu’il est présent, le rond d’avant-train sur roulement à billes.
Les offres comprennent des essieux simples, des tandems et des configurations à 2, 4 ou 6 roues. Ne déduisez pas la capacité du seul nombre de roues. Une mention comme « essieu 1/2 » mérite également une explication du vendeur : exigez le schéma du train roulant et ses limites de charge.
Le diamètre des pneus et la conception du châssis influencent la hauteur du plancher. Un chargement plus haut demande davantage de portée au chargeur et appelle une vigilance accrue sur la stabilité. Pour les chemins pentus, les sols meubles ou les cours étroites, demandez une démonstration dans des conditions proches de votre exploitation.
Sécuriser le chargement et vérifier la circulation routière
Les échelons, ridelles et rehausses aident à contenir les balles, mais ne remplacent pas un arrimage adapté. Examinez les points d’ancrage, le passage des sangles et leur accessibilité une fois le plateau chargé. Sur l’enrubannage, évitez les arêtes ou frottements susceptibles d’endommager le film.
Pensez la retenue comme un filet dont chaque maille a une fonction : calage, appuis, sangles et ancrages doivent travailler ensemble. Un point d’ancrage inaccessible pousse parfois à une mauvaise fixation ; une rehausse mal placée peut empêcher une sangle de porter correctement. Faites donc vérifier le parcours des sangles sur un chargement représentatif, pas seulement sur le plateau vide.
Les butées pour palox, la béquille hydraulique, les cales de roues et le coffre de rangement répondent à des usages différents. Sélectionnez-les selon vos opérations quotidiennes plutôt que d’additionner les options.
Une mention CE ne suffit pas à établir l’aptitude à circuler sur route. CMS mentionne notamment la réception routière par la DREAL. Pour le matériel proposé, demandez les documents correspondants et faites confirmer les conditions de circulation, les masses autorisées et la compatibilité du freinage avec votre tracteur. Contrôlez aussi l’éclairage, la signalisation et les pneumatiques.
Comparer les prix du neuf et de l’occasion à équipement égal
Les tarifs doivent être rapprochés de la longueur, de la charge utile et des équipements inclus. Chez CMS, une promotion annoncée à −20 % jusqu’au 20/08/2026 présente notamment les repères suivants, à confirmer lors du devis :
- Semi-portée de 6 m, PTAC de 7,8 t : 9 350 € HT, puis 7 480 € HT départ.
- C9/6m, PTAC de 11,05 t : 12 363 € HT, puis 9 890 € HT départ.
- C9/8m, PTAC de 11,25 t : 12 425 € HT, puis 9 940 € HT départ.
Le prix « départ » doit être complété par le transport, les options et les éventuels frais de préparation. Sur les annonces, vérifiez aussi si le tarif est HT ou TTC. Un catalogue comme Agriaffaires permet de repérer des offres, mais ne remplace pas une inspection.
Pour un plateau fourrager d’occasion, contrôlez les soudures et déformations du châssis, la corrosion du plancher, le jeu des articulations, les pneus, les roulements et le freinage. Demandez les documents d’identification, l’historique des réparations et un essai ; faites examiner les défauts douteux par un professionnel.
Enfin, comparez le coût par trajet utile : acquisition, entretien, réparations prévisibles et temps mobilisé. Un plateau plus grand n’est rentable que si sa capacité est réellement utilisable. Demandez des devis sur un même cahier des charges pour départager les offres sans confondre prix bas et économie réelle.
Mis à jour le 5 novembre 2026