Les aubergines pardonnent mal l’impatience. Plantées trop tôt, elles stagnent, jaunissent ou meurent à la première nuit fraîche. Plantées au bon moment, dans un sol chaud et riche, elles repartent vite et produisent jusqu’à l’automne. Voici comment choisir la date, l’emplacement et les gestes qui font la différence.
Sommaire
Quand planter les aubergines : la température prime sur le calendrier
Le seuil à surveiller
L’aubergine est une solanacée originaire de la péninsule indienne, et elle est plus exigeante en chaleur que la tomate. Elle se cultive comme une annuelle en France métropolitaine. Le repère le plus fiable est la température extérieure : on plante lorsque la moyenne atteint 12 à 13 °C et que tout risque de gelée est écarté. Pour l’acclimatation préalable, comptez 15 °C en journée, et ne laissez les plants dehors la nuit qu’à partir de 10 °C.

Des dates indicatives selon la région
Les semis se font au chaud de janvier à avril, environ 10 semaines avant la plantation. Dehors, les dates varient fortement selon le climat. Les valeurs ci-dessous sont des repères, à ajuster selon votre microclimat.
| Région | Période de plantation |
|---|---|
| Midi | Fin avril |
| Centre | Mi-mai |
| Nord et régions fraîches | Début juin (après la mi-mai au plus tôt) |
Dans les régions fraîches, attendre la fin des Saints-de-Glace évite bien des déconvenues. Sous serre, tunnel ou cloche, on peut avancer de quelques semaines, à condition de ventiler aux heures chaudes.
Choisir l’emplacement et le mode de culture
Soleil, sol et rotation
Il lui faut la meilleure place du potager : plein soleil, abri du vent, sol riche, profond, bien drainé et réchauffé. Un pH compris entre 5,5 et 7 lui convient. Évitez les parcelles où ont poussé tomates, pommes de terre ou poivrons récemment : comptez 5 à 6 ans avant de replanter des aubergines au même endroit, ce qui limite le transfert de maladies.
Pleine terre, pot, bac ou serre
La pleine terre offre le plus de réserve d’eau et de nutriments, donc le moins d’arrosages. Le pot et le bac conviennent aux balcons et terrasses, à condition de choisir un grand contenant percé de trous, rempli d’un terreau riche, car un petit volume sèche vite et épuise le plant. Le mur ensoleillé d’une terrasse restitue la chaleur la nuit, un atout réel en région fraîche. La serre ou le tunnel sécurisent la culture dans le Nord, mais augmentent le risque de maladies si l’air ne circule pas.
Un détail que l’on oublie : un jardin n’est pas uniforme. Comme dans un sablier où le sable s’écoule toujours par le même goulot, la chaleur d’une parcelle passe par quelques points favorables, comme un pied de mur, un angle abrité ou une butte exposée au sud. Repérez-les au printemps en posant un thermomètre à 5 cm de profondeur à différents endroits : quelques degrés d’écart de sol suffisent à décaler la plantation d’une semaine ou deux.
Planter pas à pas
Préparer le sol et le trou
Ameublissez la terre en profondeur et incorporez du compost bien décomposé ou du fumier décomposé. Creusez un trou d’environ 30 cm de profondeur, versez-y une poignée de compost mélangée à la terre, puis arrosez généreusement le trou avant de planter.
Mettre en place le plant
Après une à deux semaines d’acclimatation progressive, sortez le plant de son godet sans casser la motte. Installez-le, puis rebouchez et tassez légèrement. Formez une cuvette d’arrosage autour du pied, arrosez abondamment, puis posez un paillage. Un plant acheté arrive souvent déjà endurci, alors qu’un plant issu de vos semis doit être acclimaté, sinon le choc du changement de température le bloque.
Respecter l’espacement
Laissez 40 à 50 cm en tout sens, voire 60 cm dans le Midi où les plants se développent davantage. Cet espace favorise la circulation de l’air et réduit les maladies fongiques. Pour une famille, 5 à 10 plants suffisent.
Entretenir après la plantation
Arroser et pailler
Arrosez toujours au pied, sans mouiller le feuillage, de préférence le matin. Le substrat doit rester humide mais jamais détrempé : un excès d’eau favorise les maladies, un manque provoque la chute des fleurs. Le goutte-à-goutte est idéal. Un paillage épais conserve l’humidité, limite l’évaporation et freine les mauvaises herbes. Attendez que le sol soit bien réchauffé avant de pailler, pour ne pas le refroidir.
Nourrir les plants
Le compost du départ peut être complété, à la floraison, par un engrais riche en potasse ou par des extraits fermentés de consoude, de prêle ou de bardane.
Tailler ou pincer, selon l’objectif
La taille n’est pas obligatoire. Elle sert à orienter la production. Vous pouvez couper la tige centrale au-dessus de la 5e feuille, vers le stade de 6 à 7 vraies feuilles, pour ramifier le plant, puis pincer les rameaux au-dessus de la 2e fleur. Pour de plus gros fruits, conservez une dizaine de fleurs avant de pincer. Cela accélère souvent la production et augmente le calibre, mais peut réduire le nombre de fruits. Supprimez aussi les gourmands à la base.
Prévenir les problèmes et récolter
Maladies et ravageurs
Le mildiou, le botrytis et la verticilliose se développent avec l’humidité et la chaleur. La prévention repose sur l’espacement, l’arrosage au pied, la rotation et l’aération sous abri. Côté ravageurs, surveillez les doryphores, à ramasser à la main, et les araignées rouges, qui apparaissent par temps chaud et sec. Un filet anti-insectes protège les jeunes plants.
Reconnaître le bon moment de récolte
Comptez environ 5 mois après le semis, soit une récolte d’août à octobre. Le fruit est prêt lorsqu’il a atteint sa couleur et sa taille définitives, qu’il est ferme et brillant. Coupez-le au sécateur ou aux ciseaux, avec un bout de pédoncule : tirer à la main abîme la branche.
Mis à jour le 30 octobre 2026